Comprendre le tarif des psychologues

La question du tarif des séances de psychothérapie est un point important à évaluer avant d’entamer ce type de démarche. Être au clair sur le tarif permet ensuite de ne plus avoir à y penser lors du travail psychothérapeutique.

Le tarif fixe la rémunération du psychologue qui vous accompagne. Il comprend aussi bien le travail en séance que celui effectué entre les séances. En effet, le psychologue continue de penser à ses patients et de travailler à leurs situations au-delà des moments de rencontre. Le tarif inclut également un certain nombre de tâches annexes : factures pour mutuelle, orientation vers d’autres professionnels de santé, appel et prise de RDV, appels ou courriers pour coordination avec les psychiatres, médecins généralistes, CMP médecins du travail, etc.

Le prix proposé par les psychologues et psychothérapeutes installés en libéral (hors du secteur public) se situe en général entre 50e et 100e par séance. Mais la durée d’une séance peut également varier : entre 30mn et 60mn selon les professionnels.

Loin d’être choisi arbitrairement, le tarif proposé dépend ainsi de plusieurs critères :

  • le type de travail effectué (thérapie individuelle, thérapie de couple, consultation spécialisée, bilan et tests psychologiques, etc.)
  • la durée de la séance
  • les diplômes et l’expérience du praticien
  • le lieu de consultation (centre de paris ou périphérie) et donc le loyer à payer
  • le type de locaux et les équipements associés (interphone, sécurité, salle d’attente, toilettes, secrétaire, etc.)
  • le montant des cotisations sociales

Ex : une séance au tarif de 60e comprend le prix du loyer (5e en moyenne) et environ 30% de cotisations sociales (20e). Le psychologue gagne ainsi 35e par séance.

Du côté du patient ?

Le tarif proposé doit ainsi permettre au psychologue de continuer à travailler de manière pérenne et dans de bonnes conditions Mais il doit également permettre au patient d’avoir accès à des soins psychologiques sans que le montant des séances ne devienne pour lui un poids, une source d’angoisse ou une source de mécontentement.

En effet, pour une part importante de la population, les séances avec un psychologue en libéral apparaissent bien chères.  Beaucoup ne peuvent y accéder. Cela est particulièrement vrai lorsque le travail psychothérapeutique nécessite une certaine régularité des séances. La psychothérapie représente alors un investissement important en temps et en argent. Si la dimension financière est mal évaluée elle peut devenir un obstacle au déroulement de la thérapie et occasionner des interruptions subites du travail entamé. Cela entraîne alors un sentiment d’échec aussi bien pour le psychologue que pour le patient.

Dans ce contexte, les approches ou les professionnels proposant des thérapies longues, voire très longues, à raison d’une séance par semaine et sans réelles perspectives de fin à la thérapie mettent selon moi en péril le travail entamé. En revanche, se mettre d’accord sur les objectifs à atteindre et sur le nombre de séances nécessaires pour les atteindre donne de repères clairs qui sont essentiels pour la dynamique du travail psychothérapeutique.

Enfin, il convient de ne pas confondre le nombre de séances et la durée de la thérapie. Par exemple, fixer une dizaine de séances ne signifie pas que celles-ci doivent avoir lieu chaque semaine. Au contraire, certaines étapes de la thérapie nécessitent que les séances soient espacées.

Adapter les tarifs en fonction des situations

De nombreux professionnels adaptent le tarif des séances en fonction des situations particulières de leurs patients (élèves, étudiants, demandeur d’emploi, difficultés financières, faibles revenus, personnes âgées, etc.). Ils peuvent ainsi proposer à un certain nombre de leurs patients des tarifs particuliers et les informer des dispositifs gratuits existant (CMP, BAPU, etc.).

En ce qui me concerne, j’accorde à environ un quart de mes patients la possibilité d’entamer un travail thérapeutique à un tarif adapté (essentiellement des étudiants ou des personnes âgées). Par ailleurs,  j’informe systématiquement des dispositifs existants pour faire face à cette dépense (mutuelle, secteur public, etc.).

Comme il n’est bien évidemment pas possible de diminuer les tarifs des consultations pour un nombre trop important de patients, je propose plusieurs solutions :

  • différer quelque peu le début du travail thérapeutique et être sur liste d’attente des patients ayant un tarif adapté.
  • faire des séances et peu plus courtes et moins chères qui permettent de commencer la psychothérapie.
  • espacer les séances de telle sorte qu’elles ne représentent pas un poids financier sans perturber le travail thérapeutique.
  • identifier les mutuelles qui remboursent correctement les séances avec les psychologues.

Parlons en ensemble !